La consignation électrique est une procédure essentielle pour garantir la sécurité des travailleurs lors d’une intervention sur une installation électrique. Avant toute opération de maintenance ou de dépannage, il est indispensable de sécuriser l’installation afin d’éviter toute remise sous tension accidentelle.
Dans ce guide, vous découvrirez :
- les 5 étapes de la consignation électrique
- comment appliquer la procédure de consignation selon la norme NFC 18-510
- les risques liés à une mauvaise consignation
- les équipements de sécurité nécessaires pour intervenir en toute sécurité
Objectif : vous permettre de sécuriser efficacement vos travaux électriques et de respecter les exigences réglementaires en vigueur dans votre environnement de travail.
Les 5 étapes de la consignation électrique selon la norme NF C 18-510
La consignation électrique est une procédure de sécurité structurée en cinq étapes, définies par la norme NF C 18-510, qui encadre les opérations sur les installations électriques. Son objectif est d’isoler les sources d’énergie, mettre l’installation hors tension et sécuriser la zone de travail avant toute intervention de maintenance ou de dépannage.
Chaque étape de la procédure de consignation électrique contribue à supprimer les dangers liés au courant électrique : risque d’électrocution, arc électrique ou remise sous tension accidentelle. Le respect strict de l’ordre de ces opérations est essentiel pour garantir la sécurité des intervenants et assurer la conformité des interventions réalisées sur les équipements électriques.

Étape 1 : la séparation des sources d’énergie
Cette opération permet d’isoler physiquement la zone de travail afin d’empêcher toute circulation de courant dans le circuit concerné.
La séparation peut être réalisée à l’aide de différents organes de coupure, selon la configuration de l’installation :
- Le disjoncteur
- Un sectionneur
- L’interrupteur de coupure
- Un fusible
Cette opération doit être effectuée par une personne habilitée, généralement le chargé de consignation ou un électricien qualifié.
Une fois la séparation effectuée, l’installation est mise hors tension, mais elle ne peut pas encore être considérée comme totalement sécurisée. Des tensions résiduelles ou induites peuvent subsister dans certains circuits, ce qui rend indispensable la poursuite de la procédure avec les étapes suivantes de la consignation.
Étape 2 : la condamnation des organes de manœuvre
La deuxième étape de la consignation électrique consiste à condamner les organes de coupure afin d’empêcher toute remise sous tension accidentelle de l’installation.
Après la séparation des sources d’énergie, les dispositifs de coupure doivent être maintenus en position ouverte grâce à du matériel de consignation adaptés. Cette condamnation mécanique garantit que personne ne puisse réactiver l’alimentation électrique pendant l’intervention.
Les équipements les plus utilisés pour cette opération sont : :
- Des cadenas de consignation
- Des mâchoires de consignation
- Des systèmes de verrouillage pour disjoncteurs
- Des câbles de consignation
- Des étiquettes de consignation
Le cadenas de consignation est l’outil le plus courant. Il permet de verrouiller l’organe de manœuvre (disjoncteur, sectionneur ou interrupteur) afin d’empêcher toute manipulation involontaire par une autre personne.
Dans les environnements industriels où plusieurs intervenants travaillent simultanément, l’utilisation de mâchoires de consignation permet à chaque technicien de poser son propre cadenas, garantissant que l’installation ne pourra être remise sous tension qu’une fois tous les travaux terminés.
Étape 3 : l’identification de l’installation
Une fois la condamnation réalisée, il est nécessaire de signaler clairement l’installation consignée afin d’éviter toute confusion entre plusieurs zones d’intervention ou circuits électriques.
Cette identification de l’installation se fait généralement à l’aide :
- d’étiquettes de consignation
- de panneaux de signalisation
- d’indications sur le tableau électrique
- d’une attestation de consignation
L’identification précise de la zone de l’installation concernée permet d’informer les intervenants et d’assurer une traçabilité complète de la procédure de consignation.
Étape 4 : la vérification d’absence de tension (VAT)
Avant toute intervention sur l’équipement électrique, il est indispensable de vérifier l’absence de tension. Cette opération, appelée vérification d’absence de tension (VAT), est réalisée à l’aide d’un détecteur de tension normalisé, parfois appelé testeur de tension. La vérification consiste à contrôler que :
- le dispositif électrique est bien hors tension
- aucune tension résiduelle ou induite n’est présente
- la zone de travail est totalement sécurisée pour les intervenants
Cette étape doit être réalisée au plus près de la zone d’intervention, sur les conducteurs ou bornes concernés.
Dans la pratique, la procédure prévoit également de contrôler le bon fonctionnement du détecteur de tension avant et après la mesure, afin de garantir la fiabilité de la vérification.
Étape 5 : la mise à la terre et en court-circuit (MALT/CC)
La dernière étape de la consignation consiste à mettre l’installation à la terre et en court-circuit, aussi appelée MALT/CC.
Cette opération vise à sécuriser définitivement l’ouvrage en reliant les conducteurs à la terre afin d’éliminer toute énergie électrique résiduelle et de prévenir les risques liés à un éventuel retour de tension.
Cette étape est particulièrement importante dans les installations haute tension, mais peut également être appliquée en basse tension selon la configuration du circuit.

Les erreurs fréquentes lors d’une consignation électrique
Même si la procédure de consignation électrique est clairement définie par la norme NF C 18-510, des erreurs peuvent survenir lors de sa mise en place. Ces erreurs compromettent la sécurité au travail et peuvent exposer les intervenants à un risque d’électrocution ou d’arc électrique.
Certaines erreurs apparaissent lorsqu’une étape de la consignation électrique est mal réalisée ou oubliée. Parmi les situations les plus fréquentes :
- La séparation incomplète des sources d’énergie
- L’absence de condamnation du disjoncteur ou du sectionneur
- Une mauvaise identification de la zone de l’installation
- L’absence d’étiquette de consignation
- Une vérification d’absence de tension non ou mal effectuée
Dans certains cas, la confusion entre plusieurs circuits électriques ou zones d’intervention peut conduire à travailler sur une installation encore sous tension. Pour limiter ces risques, il est essentiel de suivre rigoureusement l’ordre des étapes de la consignation et de documenter l’opération via une attestation de consignation.
Les équipements utilisés pour la consignation électrique
La mise en œuvre d’une procédure de consignation électrique conforme nécessite l’utilisation d’équipements adaptés afin de sécuriser les organes de coupure et signaler clairement l’intervention en cours.
Ces dispositifs permettent d’empêcher toute remise sous tension accidentelle et de garantir que l’installation reste consignée pendant toute la durée des travaux.
Les équipements les plus couramment utilisés dans les opérations de consignation sont :
- cadenas de consignation pour verrouiller les organes de manœuvre
- mâchoires ou dispositifs de consignation multi-intervenants
- systèmes de verrouillage pour disjoncteurs ou sectionneurs
- étiquettes et panneaux de signalisation de consignation
- détecteur de tension normalisé pour la vérification d’absence de tension (VAT)
- équipements de mise à la terre et en court-circuit
Dans les environnements industriels, ces dispositifs doivent être robustes, visibles et compatibles avec les équipements électriques présents sur le site. Leur sélection dépend notamment du type d’installation (tableau électrique, machine industrielle, circuit multi-énergies). Dans certains environnements industriels, il peut également être nécessaire de mettre en place une consignation pneumatique ou consignation mécanique afin de bloquer physiquement certains organes ou pièces mobiles.
En résumé
La consignation électrique est une procédure essentielle pour sécuriser toute intervention sur un dispositif électrique. En respectant les 5 étapes définies par la norme NF C 18-510 et en utilisant des équipements de consignation adaptés, les entreprises réduisent les risques d’électrocution, d’arc électrique ou de remise sous tension accidentelle lors des opérations de maintenance.
FAQ
Qui peut réaliser une consignation électrique ?
La consignation électrique doit être réalisée par une personne habilitée selon la norme NF C 18-510, généralement un chargé de consignation ou un électricien qualifié. Cette habilitation garantit que l’intervenant maîtrise la procédure de consignation électrique et les règles de sécurité au travail.
Comment procéder à la déconsignation ?
La déconsignation électrique consiste à remettre un système en service après une intervention. Elle se fait dans l’ordre inverse de la consignation : retrait des dispositifs de consignation, vérification de la zone de travail puis remise sous tension de l’installation par la personne responsable.
Quelles conséquences en cas de non-conformité ?
Une consignation électrique non conforme peut entraîner un risque d’électrocution, une remise sous tension accidentelle ou un accident du travail. Elle peut également engager la responsabilité de l’entreprise en cas de non-respect des règles de sécurité prévues par la norme NF C 18-510 et le code du travail.
